Dans la Sardaigne des années 50, Bonaria Urrai prend comme fill'e anima ("fille d'âme") la petite Maria Listru, bien volontiers cédée par sa mère, veuve déjà encombrée de trois enfants. La fillette grandit auprès de sa Tzia qu'elle pense couturière et qui lui offre l'attention et l'éducation qu'elle n'a pas reçues.
Mais dans ce village hors du temps, la vieille Bonaria est souvent mandée en cachette pour accomplir une mystérieuse besogne. Elle est l'accabadora, la "dernière mère"en sarde, celle qui offre la mort aux êtres souffrants.
Pressentant un secret, Maria, désormais jeune fille, ne cherche pas à en savoir davantage jusqu'à ce que l'activité de sa mère de coeur la touche au plus proche.
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| Sardegna-la campagna7. Photo : CharlesFred.CC : BY-NC-SA. Source : flickr |
On se laisse transporter par l'atmosphère et la langue (merveilleusement traduite par Nathalie Bauer) de ce roman. Il nous mène dans une Sardaigne rurale et traditionnelle, encore marquée par le rythme agricole, par l'omniprésence de la religion et des superstitions, par le dialecte parlé par tous en lutte contre l'italien.
En ce sens, le bref épisode turinois paraît plus terne dans ses descriptions et ses personnages bourgeois moins convaincants, comme pour montrer que Maria n'y a pas sa place.
C'est la relation entre Tzia Bonaria et Maria Listru qui tisse le roman, rapport complexe de tendresse et de rejet mêlés.
Accabadora a reçu le prix Campiello 2010.
Accabadora, Michela Murgia, Seuil, 2011

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