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mardi 29 juillet 2014

Je voyage seule

"Viaggio sola" (titre original) pourrait être la devise d'Irene. 
Son métier a tout pour faire rêver : elle est "cliente mystère" dans les hôtels, et à ce titre est payée pour inspecter les plus grands palaces, y mesurer la température des vins et les courbettes du personnel.

Dans sa vie personnelle également, Irene "voyage seule". Célibataire, elle profite de la liberté que lui offre son poste. Pourtant, elle commence à s'interroger sur sa vie, à partir des modèles autour d'elles et des rencontres qu'elle fait. Sa soeur incarne la mère de famille parfaite, en apparence du moins. Son ex amant et meilleur ami (Stefano Accorsi, particulièrement charmant) va se retrouver père à son insu et semble s'adapter à la situation. Des rencontres éphémères également dans les hôtels où elle descend la marquent : un homme très séduisant et très marié, une anthropologue qui est presque une alter ego.

Irene fait alors des tentatives. Elle essaie de se rapprocher de ses petites nièces, de renouer d'autres liens avec son meilleur ami... Mais tout cela est bancal.

Je voyage seule est une comédie romantique de son époque : l'héroïne n'y rêve plus forcément du prince charmant, elle tente surtout d'être en accord avec elle-même et l'idée qu'elle se fait de son bonheur. C'est la liberté de choix qui est mise en scène, de façon parfois comique mais surtout très tendre.

Sur ce thème, voir aussi le livre de Jean-Claude Kaufmann.

Un film de Maria Sole Tognazzi, avec Margherita Buy, Stefano Accorsi, Fabrizia Sacchi. Sortie : 2014

lundi 21 mai 2012

Chercher le garçon

Le refrain est connu.
Emilie a 35 ans, elle est jeune et jolie, a un job passionnant et un charmant appartement à Marseille. Oui, mais elle est seule. Comprendre, sans petit ami.
Un soir de réveillon, la jeune femme décide de rompre cet état de fait en s'inscrivant sur le site de rencontres Meet me.
Vont alors s'enchaîner les rendez-vous plus ou moins réussis et les hommes plus ou moins fréquentables. Tout le panel de la faune errant sur Internet est représenté : les dragueurs compulsifs, les romantiques désespérés, les pervers, les timides, les arrogants... Pressée de passer in real life (dans la vie réelle) avec ses contacts virtuels, Emilie ne laisse cependant aucune chance aux "vrais" hommes qu'elle croise. Quand sa cousine lui conseille de s'en remettre au hasard, la jeune femme a une idée très personnelle de comment s'y prendre.
Ce film, d'une heure seulement, est en fait la version longue d'un court-métrage. Traitant du sujet en vogue des trentenaires englués dans leur célibat sur un ton plutôt léger et humoristique, il peine à trouver une conclusion à son propos.

Le ballet des rencontres Internet est relativement réaliste au fond et tranche avec le happy-end plus convenu. Mais sans doute fallait-il éviter que la protagoniste (et le spectateur avec elle) ne sombrât dans le désespoir de la solitude.
L'ensemble reste cependant plaisant et amusant, l'improvisation des acteurs, Sophie Cattani en tête, confère un aspect vivant aux situations. Et en toile de fond Marseille, son vieux port, son Frioul, sans oublier son célébrissime (hélas) soap.

Un film de Dorothée Sebbagh, avec Sophie Cattani
Sortie : 2 mai 2012


samedi 1 octobre 2011

Medianeras

Buenos Aires, une mégalopole comme il en existe partout dans le monde aujourd’hui. Avec son lot de névroses, de communication (faussement) simplifiée par les médias et réseaux sociaux, d’inconnus qui se croisent sans cesse et qui se complèteraient si bien, s’ils voulaient bien sortir un peu de leur tchat et de leurs sites de rencontre si vains. Les medianeras incarnent parfaitement l’architecture urbaine sans âme : ce sont les murs mitoyens et aveugles des immeubles derrière lesquels vivent retranchés, souvent dans de minuscules appartements, les citadins esseulés. Studios totalement désordonnés qui reflètent la confusion des êtres.
Chercher l’âme sœur dans un tel contexte revient à se replonger dans un “Où est Charlie ?” (“Donde esta Wally ?” en Argentine), livre préféré de Mariana, l’une des protagonistes du film. Elle est architecte au chômage, et aménage des vitrines de magasins en attendant. Un peu perdue et phobique, elle sort d’une relation de quatre ans dont elle a su très vite qu’elle ne lui convenait pas. Dans l’immeuble d’en face, séparé d’elle par ces fameuses medianeras vit Martin (et sosie d’Alexandre Astier), hypocondriaque, agoraphobe et web-designer.
Evidemment, comme dans toute comédie romantique, le spectateur sait comment l’histoire va finir. Mais le ton du film, à la fois léger, grinçant et ironique, l’espace urbain mis en scène et les jolies trouvailles narratives et visuelles du réalisateur Gustavo Taretto permettent de s’attacher et de s’identifier très vite aux personnages (certes, surtout quand on a le même âge, les mêmes déboires, voire des ex avec les mêmes prénoms). On n’assistera pas aux traditionnels rencontre, rendez-vous manqués, rupture et réconciliation des comédies romantiques. On suit au contraire Mariana et Martin en parallèle jusqu’à ce que…


Un film de Gustavo Taretto, avec Pilar Lopez de Avala, Inés Efron, Javier Drolas.
Sortie : 1 juin 2011

vendredi 30 septembre 2011

Amorosa soledad

Soledad est une jeune femme argentine, de Buenos Aires, qui n’a pourtant rien à envier à Woody Allen. Un peu névrosée et hypocondriaque, elle se laisse aisément submerger par tout imprévu du quotidien : des toilettes bouchées, une porte claquée et c’est son univers qui s’effondre.
Dans ce sens, le nom de la boutique d’artisanat/déco dans laquelle elle travaille, la esperanza, sonne comme une ironie tragique, car c’est bien l’espoir qui semble lui faire défaut.
Le jour où elle rompt avec Nicolas, musicien bohême et peu versé dans la vie de couple rangée, Soledad décide de faire honneur à son prénom. Les trois ans à venir (au moins), elle fuira tout contact masculin. Evidemment rien ne se passe comme prévu et il ne lui faut que quelques jours pour rencontrer l’antithèse parfaite de son ex (à ceci près qu’il s’appelle Nicolas) et commencer à sortir avec lui.
Amorosa Soledad est bien une comédie romantique, naïve et drôle, avec son lot de doutes, de fuites, de retrouvailles (et de meilleur ami gay aussi). Mais à nos yeux et oreilles européens, elle distille un charme particulier, loin des standards du cinéma anglo-saxon. Ajoutons à cela le charmant chuintement de Buenos Aires et tous ses chamados (llamados) réclamés, impromptus ou attendus, Soledad passant sa vie au téléphone. La prestation de l’actrice Ines Efron, actrice à l’allure juvénile et lunaire, y est également pour beaucoup.
Comédie légère certes, mais qui vise juste aussi parfois. Le sentiment d’inadéquation à soi et aux autres que ressent la jeune femme affleure de façon de presque douloureuse, et non plus gentiment amusante, quand Soledad s’effondre devant son petit ami en lui confiant qu’en aimant, elle a surtout le sentiment de se perdre elle-même.

Un film de Martin Carranza et Victoria Galardi, avec Inés Efron