vendredi 17 février 2012

La Page blanche, Boulet & Pénélope Bagieu

La Page blanche, roman graphique, est le fruit de la collaboration entre deux auteurs de BD : Boulet (le scénariste, à qui l'on doit notamment les dessins de la série Donjon Zénith de Trondheim) et Pénélope Bagieu (l'illustratrice dont on ne présente plus le blog Ma Vie est tout à fait fascinante ou encore la série des Joséphine).



Sur 200 pages, divisées en chapitres, la Page blanche relate l'histoire d'une amnésie.
Les premières planches mettent en scène sur un banc parisien, à la nuit tombante, une jeune femme (Éloïse) incapable de se rappeler comment elle a atteri à cet endroit.
Si sa mémoire a effacé tout ce qui la concerne, famille, amis, goûts etc., Éloïse ne renaît pourtant pas au monde : elle sait encore "où sont les stations de métro (...), qui est Britney Spears (...), qu'un icosaèdre est un volume à vingt faces". (p. 102). Mais retrouver son code d'entrée ou deviner pourquoi elle est devenue libraire demeurent des souvenirs inaccessibles.

Les douze chapitres présentent la quête d'elle-même entamée par la jeune femme, recherche symbolisée par une frise temporelle étayée et complexifiée sans succès.
La narration alterne cette enquête quasi-policière d'indices sur sa propre existence et des intermèdes humoristiques, issus de l'imagination d'Éloïse afin de l'aider à combler les blancs. Terrorisme international ou enlèvement extra-terrestre deviennent pour elle des hypothèses plausibles.

Cette légèreté et l'humour dont ne se départit jamais la jeune femme offrent un pendant à l'angoisse inhérente à l'amnésie et aux cauchemars qui hantent l'héroïne.
Différents tons mis en lumière par le dessin de Pénélope Bagieu, à la fois joyeux et mélancolique. L'illustratrice fait également la part belle au décor parisien, et peint avec tendresse la capitale.

Peu à peu Éloïse recompose la portrait de celle qu'elle était : une jeune femme un peu seule, déprimée, sans réel talent ni caractère. En ce sens l'amnésie devient une métaphore éclairée par la fin de la BD que, bien sûr, que je dévoilerai pas ici.

La Page Blanche, Boulet & Pénélope Bagieu, Delcourt, 2012

2 commentaires:

Bernard Pivot a dit…

l'amnséie???

Mon dieu...le niveau d'orthographe des jeunes français est de plus en plus désastreux...

C'est amnésie! AMNESIE! Nondidiou!!!

Anjali95 a dit…

C'est corrigé M. le Schizo as Charles Péguy as Raoul as Vladimir as Je sais pas qui encore :D