Van Gogh n'a jamais mis un orteil sur la terre japonaise, pourtant une partie de son œuvre est fortement marquée par l'art de l'estampe.
C'est ce rapprochement étonnant que propose la Pinacothèque de Paris à travers deux expositions complémentaires. L'une est consacrée à Utagawa Hiroshige, maître du mouvement ukiyo-e. L'autre place en regard des reproductions d'estampes de cet artiste avec des toiles de Van Gogh.
Commençons par l'exposition Van Gogh, rêves de Japon.
A la fin des années 1880, Van Gogh est à Paris et connaît les derniers feux de la mode japonisante. Il commence à se constituer une collection d'estampes qu'il trouve chez le marchand Bing, celles d'Hosukai ou Hiroshige. A travers cet art et plusieurs références littéraires, le peintre néerlandais élabore sa vision personnelle d'un Japon idéal.
Son départ pour le Midi de la France quelques années plus tard accroît la forte impression que lui procure, à distance, ce pays. Dans plusieurs lettres, adressées à des amis ou à son frère, Van Gogh dépeint avec enthousiasme la clarté et les couleurs du sud, proches, selon lui, de la lumière japonaise.
A la fin des années 1890, alors que le peintre est également marqué par son séjour volontaire à l'asile, il commence à utiliser des éléments picturaux japonais : perspective, cadrage à la fois intérieur et extérieur, aplats de couleur.
L'exposition présente une quarantaine de tableaux de Van Gogh, surtout des paysages, et à côté, une estampe d'Hiroshige de laquelle le peintre se serait inspiré. Si pour certaines, la ressemblance est frappante, comme ici....
...pour d'autres œuvres, la comparaison s'apparente plutôt à un jeu ludique destiné à orienter le visiteur. Evidemment Van Gogh n'a pas peint tel personnage ou tel arbre en référence à une estampe précise, mais l'influence générale est présente. La composition des paysages, la claire sérénité des peintures, les jeux de couleur et de lumière sont bien les mêmes d'un artiste à l'autre. Ce qui est mis en exergue est surtout le dialogue entre ces deux arts, ces deux cultures, Hiroshige ayant lui-même emprunté certaines techniques à l'art européen.
Au-delà de la comparaison, une exposition de Van Gogh est en elle-même un évènement et les toiles valent le détour. On pourra apprécier la touche du peintre, plus fine au fil des années, ses couches colorées aussi impressionnantes de près que de loin, quand l'image globale prend forme.
L'exposition proposée en regard s'intitule Hiroshige, l'art du voyage.
Aucune rétrospective n'avait été faite sur ce maître de l'estampe japonais en France. Au Japon, cet artiste du XIXè siècle est le représentant le plus estimé de l'ukiyo-e ("images du monde flottant"), style d'estampes d'inspiration bouddhiste, peintures des saisons, du temps et des sensations.
L'exposition, très complète, donne à voir plusieurs séries d'oeuvres d'Hiroshige, notamment ses estampes des voyages mythiques entre Edo (la Tokyo d'avant 1868) et Kyoto. La muséographie, un peu confuse au début, se déploie ensuite dans les différents niveaux de la Pinacothèque plongée dans la pénombre pour l'occasion.
Expositions temporaires du 3 octobre 2012 au 17 mars 2013, Pinacothèque de Paris
Tarifs : 17 euros pour un billet couplé, 10 euros pour un billet simple
1 commentaire:
Il faut que je pense à en parler à une amie. Je pense qu'elle adorera cette expo.
Elodie
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